Les Premières Années 1871-1902
À l’Ecole, Rouault se démarque dès 1894 en remportant le prix Chenavard. Il est alors âgé de 23 ans. Lors de sa deuxième tentative pour le Prix de Rome, en 1895, Rouault est pressenti comme lauréat. Finalement Léon Bonnat, un peintre académique, impose son veto. Après cet échec, Moreau conseille à son élève de quitter l’école et de peindre en indépendant.

Hors de l’Ecole, Rouault peint ce qu’il a sous les yeux. Ses travaux révèlent une vision tragique de la réalité. Sa personnalité s’affirme. Il prend ses marques picturales, se libérant des sujets imposés des concours, et cherchant ses sources, mais il restera l’héritier spirituel de Gustave Moreau. Ce dernier le soutient dans sa nouvelle voie et continue de lui apporter conseil, culture littéraire et reconnaissance spirituelle.

Rouault et la religion
Bien que baptisé à 1 mois, Rouault reçoit une éducation laïque. Ce n’est qu’à 24 ans qu’il manifestera son désir d’adhérer à la foi chrétienne en faisant sa première communion. Il se rapproche d’écrivains comme J.K.Huysmans et Léon Bloy, représentants avec Charles Péguy, d’un contexte littéraire marqué par un néo-catholicisme qui luttait contre le superficiel et la pauvreté d’un art officiel d’église. Fin avril 1901, Rouault rejoint un groupe d’intellectuels à l’abbaye de Ligugé. Huysmans projetait d’y fonder une communauté d’artistes catholiques. Le groupe s’imposait de résister à la publicité et à tout ce qui flatte la vanité. Rouault se détermine lors de ce séjour à ne faire à l’art et au public aucune sorte de concession. Le vote de la loi Waldeck-Rousseau contre les associations dissout la communauté. Rouault revient à Paris et reprend ses peintures, ou plutôt sa quête, ses recherches.

Imprégné du climat spirituel de Gustave Moreau, Georges Rouault retient que l’art n’est pas la copie de la nature mais la possibilité de s’exprimer. Toute sa vie, il suivra ce conseil du maître: écouter sa voix intérieure.

Le Christ mort pleuré par
les Saintes Femmes, 1895

Stella Vespertina, 1895

La rixe sur le chantier, 1897

Abbaye de Ligugé, 1901