Maturité Sereine 1930-48
Dans sa production on retrouve le thème du cirque et les paysages ainsi que des séries de visages imaginaires et poétiques, des nus féminins, des natures mortes, des sujets religieux… En réalité Rouault trouve les ressources nécessaires à son renouvellement dans le traitement de sujets plus que dans leur multipllicité. Le thème du cirque est dominé par la présence de Pierrots qui s’imposent à l’instar des clowns et dont émane une énigmatique mélancolie. Des filles de cirque, écuyères et danseuses sont désignées par des noms pittoresques tels Carlotta, Douce Amère, Carmencita… Parfois ce sont des scènes intimes de la vie de famille des forains mais le plus souvent ce sont des figures solitaires qui émergent au premier plan de la toile. Une sorte de silence émane de ces peintures. Figures mystérieuses et rêveuses, dont la douceur contraste avec les visages blafards des clowns tragiques de la première époque.

Les sujets religieux se déclinent en plusieurs séries : Saintes Faces, qui rappellent l’imagerie byzantine et romane, têtes de Christ, crucifixions et paysages de plus en plus nombreux. Le peintre qualifie ces derniers de « bibliques », « légendaires » ou « Chrétiens ». Les paysages d’Ile de France, tristes et froids, où la nature est menaçante sont peu à peu remplacés dans les années 20-30 par des couleurs chaudes et des architectures évoquant l’Orient. Il ne les peint jamais sur le motif, mais les imagine. La nature y est glorifiée et le soleil devient omniprésent à partir de 1935. Des personnages vêtus de tuniques, sans autres références à l’iconographie traditionnelle que le nimbe du Christ, animent en permanence ces paysages et leur confèrent une forte dimension spirituelle.

Pierrot, 1937 ou 1938

La Sainte Face, vers 1946

Teresina, 1947