La Révolte 1902 - 1914
En 1898, lorsque Gustave Moreau est emporté par un cancer, Rouault perd son principal soutien, son environnement s’effondre, il dit lui-même qu’à ce moment « c’était le gouffre ». À partir de cette date et pendant les 5 années qui suivent, Rouault traverse une crise morale et esthétique. Profondément affecté par la mort de son maître, séparé de sa famille partie en Algérie, il porte un nouveau regard sur la vie et se sent totalement isolé.

« Le coup de barre » qui le sort de sa crise a lieu en 1902, lorsque épuisé et malade, il part en séjour de convalescence à Evian. Le repos et la nature de l’arrière-saison renouvellent totalement sa vision. Il se met à peindre frénétiquement.

De retour à Paris, il découvre dans la bibliothèque de Moreau des œuvres de Léon Bloy dont il fera la connaissance en 1904. Les œuvres de cet écrivain polémiste expriment sa révolte contre l’hypocrisie d’une certaine bourgeoisie, chrétienne plus par convention que par conviction, qu’il dénonce férocement, ainsi que contre la médiocrité ou la bassesse où qu’elle se manifeste dans la société.

“Je subis alors une crise morale des plus violentes. J'éprouvais des choses qui ne peuvent s'expliquer par des mots. Et je me mis à faire une peinture d’un lyrisme outrageant et qui déconcertait tout le monde.” Georges Rouault cité par Georges Charensol.

Fille au miroir, 1906

Clown au bandonéon, 1906

Avec sa mère en promenade