L'Artiste Solitaire 1914-1930

Peinture
Pendant une dizaine d’années, de 1917 à 1926, son travail de graveur est si intense qu’il ralentit considérablement son activité picturale. A partir de 1927, Rouault s’astreint à achever des centaines de tableaux, honorant ainsi son contrat avec Vollard. L’essentiel de sa production représente des figures du cirque, des sujets religieux, et des paysages. A ces trois sujets prédominants s’ajoutent des nus et des portraits, tandis que les thèmes des filles, des juges et des types grotesques disparaissent progressivement.

Du point de vue du style, le réalisme des années 1905 fait place à une idéalisation de la forme. Aux lacis dynamiques de lignes s’opposent l’unité et la simplicité. Le dessin et les formes s’apaisent. L’obscurité et la violence disparaissent. Les lignes enchevêtrées font place à des cernes rigoureux qui scandent la composition, ce qui a pour effet de rendre le dessin plus statique et plus monumental. Les cernes noirs structurent la forme et expriment la densité des masses et le mouvement tout en étant expressifs et ornementaux. Ils suggèrent le mouvement et la profondeur. Le cerne a aussi pour fonction de souligner le mécanisme des articulations des personnages et de dessiner le corps sans le fragmenter, dans un dessin puissamment appuyé et rythmé. Rouault cherche un style quasi-monolithique dans des architectures simples et grandioses. Son esthétique change, et l’on voit les personnages s’allonger, se figer et se parer de hiératisme.

Christ dans la banlieue, 1920-1924

L'apprenti ouvrier
(autoportrait), vers 1925

Nu aux bras levés, 1920-1929